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Reportage : Un marché de printemps artisanal, éthique et responsable ?

Le bâtiment de l’ancienne mairie du 4ème arrondissement de Paris, désormais devenu hôte de l’Académie du Climat, a été achevé en 1868. | © Cécile Pereira

À quelques pas de l’effervescence de la rue de Rivoli, l’Académie du Climat s’impose au 2 place Baudoyer. De grandes banderoles bleues aux inscriptions jaunes détonnent des colonnes grises de l’édifice. Sous l’impulsion de la mairie de Paris en 2019, l’Académie du Climat est un espace libre permettant à la jeunesse parisienne d’œuvrer pour l’environnement. Le collectif organise des ateliers, des projections, des conférences ou encore des événements autour des problématiques écologiques. Même si le soleil ne rayonne pas ce jour, son arrivée se fait sentir : l’occasion parfaite pour un marché de printemps qui respecte la planète. Dès la cour intérieure du bâtiment, les premiers créateurs sont présents. Ils sont plus de 80 sur les lieux afin de présenter leurs produits. Totebag en tissu recyclé, bijoux upcyclés, papier biodégradable : il y en a pour tous les goûts. Ce qui attire directement l’attention, ce sont les couleurs. Toutes plus chatoyantes et vives les unes que les autres. Ce marché respire la vie dès son premier abord. « Le fil conducteur de toutes mes créations c’est d’utiliser du tissu déjà existant. », explique Naya Bergeron, créatrice de La Machine à Récup’, en présentant ses sacs à pain, trousses et guirlandes en tissu upcyclés colorés. L’upcycling, ou le surcyclage en français, est une pratique de plus en plus répandue consistant à créer de nouvelles choses avec des éléments anciens (tissus, vêtements, décorations…). Adepte de la seconde main depuis quelques années maintenant, Naya a décidé de combiner sa passion pour la couture avec son envie d’agir pour l’environnement. Non loin de ce stand haut en couleurs, les services civiques de l’Académie du Climat organisent un atelier origami pour fabriquer soi-même son propre pot de fleurs. Les enfants sont attirés dès l’entrée vers cette activité qui en amuse plus d’un ! La découverte d’artisans responsables et conscients de leur impact sur la planète se poursuit entre les pâles couloirs étroits de l’ancienne mairie. Sur un fond musical provenant de l’une des salles, plus grande et totalement libre d’accès, les voix des créateurs se mêlent. Il y a une réelle discussion avec le public. Ici, on discute, on prend le temps et surtout, on parle de ce qui nous tient à cœur.

Anna Pawlowska a créé son entreprise en février 2020. Aujourd’hui, elle en retire une grande fierté. | ©VerTige Atelier

Les hauts plafonds aux moulures blanches de l’une des pièces n’ont qu’à bien se tenir avec les suspensions en macramé d’Anna Pawlowska. Créatrice de VerTige Atelier, elle propose des objets de décoration dans cette technique moderne et durable pour toute la maison. Tout en faisant bouger du bout des doigts les fils d’une tenture jaune moutarde, Anna explique son projet : « Les matériaux sont très importants pour moi puisque je suis dans une démarche éco responsable. Je travaille avec des cordes en coton biodégradables fabriquées en France ou bien en coton recyclé produites en Pologne. La plupart du temps j’emballe mes créations en furoshiki [technique japonaise traditionnelle de pliage du tissu utilisée pour l’emballage de cadeaux. N.D.L.R.] avec des tissus upcyclés ».

La décoration responsable s’avère aussi être utile ! Proche de VerTige Atelier, les Pots d’Astie de Véronique, pep’s à souhait, montre bien qu’une simple boîte de conserve une fois recyclée et embellie est aussi un accessoire indispensable du quotidien : « Je travaille beaucoup la couleur avec des peintures à l’huile et des feutres à base d’alcool [...] Il y a une gamme qui peut servir pour de l’alimentaire, les boîtes ne sont pas peintes et ont un couvercle, les autres le sont et on peut y mettre des crayons, des plantes, du maquillage… ».

Joséphine Pelletier, artiste aux multiples talents, est étudiante costumière à Artesis Hogeschool Antwerpen en Belgique. | © @josefine_oz

En traversant les différents endroits de ce marché de printemps consciencieux, les univers se mélangent. De bougies éco-responsables en cire de colza jusqu’à de la bijouterie upcyclée en passant par une mini friperie, tous les aspects de notre vie quotidienne sont représentés. Envie d’un miroir original et tendance ? Joséphine Pelletier, artiste tufteur, soit créatrice de tapis et de tapisseries de façon artisanale, expose ses miroirs entourés de laine vintage. Du jaune poussin, du rose fuschia et du orange mandarine, le tout en forme de fleur : effet printemps garanti ! Enfin, qui dit retour du soleil, dit jardinage, mais cette fois-ci avec du papier ensemencé. Sur son stand minimaliste mais débordant de petites cartes et autres articles de papeterie à planter, la cofondatrice de Parsemains, Juliette, explique sa motivation : « Pour quelqu’un qui aime le papier, en utiliser fait à base de pâte vierge est un dilemme. Quand on sait que seulement 50% du papier est recyclé, ça donne envie de faire quelque chose de concret ».

Ce marché de printemps, ouvert à tous et où les découvertes sont infinies, porte un message d’espoir à la fois pour la planète et pour les nouveaux créateurs. Il est tout à fait possible de laisser parler sa créativité tout en respectant la planète et ses habitants.

 

Cécile Pereira.

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