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Le Bangladesh fête ses 50 ans, entre succès économique et autoritarisme

Il y a 50 ans, jour pour jour, apparaissait un nouvel État sur la carte du monde, avec un nom auquel il fallait désormais s’habituer : le Bangladesh. Jusque-là on appelait ce pays le Pakistan oriental. Celui-ci a déclaré son indépendance le 26 mars 1971 après une guerre contre le Pakistan qui a coûté la vie à trois millions de personnes. Le pays était ruiné, plus de 80 % de sa population vivaient alors sous le seuil de pauvreté. Un demi-siècle plus tard, ils ne sont plus que 10 % à vivre dans la misère. Au cours de la dernière décennie, la croissance annuelle a dépassé les 7 % et le PIB par habitant a été multiplié par plus de quatre depuis l’an 2000. Le pays fait désormais mieux que l’Inde, même dans un contexte de pandémie, son PIB par habitant a dépassé en 2020 celui de son grand voisin. Le Bangladesh est aujourd’hui l’un des pays les plus dynamiques d’Asie grâce notamment à l'une des industries du vêtement les plus compétitives au monde, mais aussi à l'éducation et l'autonomisation des femmes… un bilan économique très positif qui n’était pas évident, il y a un demi-siècle quand on sait que ce pays est installé sur un immense delta, toujours menacé par la mer. Et que sur ce territoire grand comme un quart de la France, vivent quelque… 165 millions d’habitants.

Son évolution politique n’est pas aussi florissante. Le pays glisse dangereusement vers l’autoritarisme. Ce qui n’est malheureusement pas une exception quand on sait comment évolue aujourd’hui l’Inde, la Chine, la Birmanie… Le Bangladesh a connu des coups d’États militaires et des assassinats, notamment celui de Sheikh Mujibur Rahman (1920-1975), qualifié de père de la patrie. La situation politique avait fini par se stabiliser et l’État de droit s’est imposé à la fin du XXe siècle. Malheureusement depuis l’arrivée au pouvoir, en 2009, de Sheikh Hasina (Ligue Awami), la fille du fondateur du pays, la démocratie bangladaise a connu un net recul, les législatives de 2014 et 2018 n’ont été ni libres ni équitables.

Le principal parti d’opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), a été anéanti et sa cheffe, Khaleda Zia, ancienne premier ministre, est malade et emprisonnée pour corruption. En 2018, le gouvernement bangladais adoptait le controversé Digital Security Act 2018, en vertu duquel toute critique du gouvernement sur internet ou tout autre média serait passible, à divers degrés, de peines de prison. Les intellectuels critiques sont jetés en prison. Ce fut le cas de l’écrivain Mushtaq Ahmed, arrêté pour avoir posté des messages sur Facebook dans lesquels il critiquait la gestion gouvernementale de la pandémie de Covid-19. Il est mort dans sa cellule en février 2021. Son décès a déclenché une vague d’indignation et plusieurs jours de manifestations et d’affrontements avec les forces de l’ordre. C’est un pays prospère mais glissant vers la dictature qui fête aujourd’hui son anniversaire et célèbre sa fête nationale.

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