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Agressions à Lille: la flambée des capsules de verre

“Je me suis réveillée à l’hôpital”,raconte Margaux, une étudiante de 19 ans victime du GHB. “J’ai très peu de souvenirs de ma soirée. Heureusement, il ne m’est rien arrivée de grave”.

Surnommée la drogue du violeur, le GHB est une substance incolore et inodore. Les agresseurs la versent discrètement dans les verres de leurs victimes, pendant que celles-ci sont sur la piste de danse, ou tout simplement inattentives.Et les conséquences sont dramatiques. Car pour les personnes qui ingèrent cette substance, c’est ensuite le trou noir. Elles deviennent vulnérables à tout types de viols et agressions en fin de soirée.

Face à cette réalité glaçante, Antoine Dehay, un ancien DJ, a imaginé le concept de Drink Watch, littéralement veilleur de verre en anglais. Il s’agit d’une capsule en silicone qui s’adapte sur n’importe quel type de verre, afin d’empêcher un potentiel agresseur de mettre quelque chose dans votre verre.

“Tout a commencé en 2017” se souvient le jeune auto-entrepreneur. “Lorsque ma soeur est partie comme jeune fille au pair en Espagne. Mon père et moi ne voulions pas qu’elle prenne de risque. Alors on a commencé à faire des croquis.” Le projet se concrétise à la fin de l’année 2019. Mais la crise sanitaire empêchera Antoine Dehay de mener à bien son projet. Sa petite entreprise ne démarrera véritablement qu’en juin 2021. “C’est un réel problème qui persiste depuis des années”, raconte-t-il encore. “Même si nos capsules ne sont pas la solution à long-terme, nous voulons vraiment faire bouger les choses, dissuader, appeler à la prévention.”

“Trois quarts des stocks vendus depuis la rentrée”

Plusieurs agressions se sont déroulés dans le courant du mois à la boîte de nuit Le Network à Lille. Contactée, la direction n’a  pas souhaitée s’exprimer. A contrario, The Box, une discothèque très impliquée dans cette lutte, a décidé d’inclure cette option dans ses services. “C’est un sujet qui nous tient à coeur”, confirme d’ailleurs Patrick Watson, le patron. “Nous voulons vraiment que tous nos clients se sentent en sécurité.”

Et cette initiative fonctionne, Léa, étudiante en droit, agressée dernièrement, recommence à sortir le soir : “J’ai eu des problèmes lors d’une soirée au Network, je n’ai pas dû surveiller mon verre correctement. Je ne voulais plus y retourner. Maintenant que je sais que The Box a acheté ces capsules, je n’irai que chez eux si je veux m’amuser.”

Beaucoup d’établissements de nuit ont décidé, suite aux témoignages d’agressions, d’investir dans ce dispositif. “Trois quarts des stocks ont été achetés depuis la rentrée”, confie  le créateur de Drink Watch. “Nous avons pratiquement eu que des commandes grossistes pour les établissements. Le monde de la nuit à Lille  s’inquiète, et ça se ressent.”

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