Rubrique
Brèves

Emmanuel Macron demande pardon aux harkis et annonce une loi de reconnaissance et de réparation

Dans le cadre d’une réception à l’Elysée consacrée à la mémoire des harkis, le président de la République, Emmanuel Macron a demandé pardon aux harkis, au nom de la France, lundi 20 septembre. Le chef de l’Etat a déclaré vouloir “franchir un pas” en présentant “avant la fin de l’année” un projet de loi “de reconnaissance et de réparation”. “La République a contracté à leur égard une dette. Aux combattants, je veux dire leur reconnaissance, nous n’oublierons pas. Aux combattants abandonnés, à leurs familles qui ont subi la prison, je leur demande pardon. Nous n’oublierons pas. Depuis la République s’est ressaisie. Elle s’est engagée sur la voie de la vérité et de la justice”, a-t-il dit lors de son discours. “Après la guerre d’Algérie, la France a manqué à ses devoirs envers les harkis, leurs femmes, leurs enfants”, a estimé Emmanuel Macron en précisant qu’il ne souhaitait pas "juger le rôle des dirigeants d’alors, c’est le rôle des historiens, pas celui d’un président. Je ne saurais dire ce que j’aurais fait à l’époque”. Cette cérémonie, qui réunissait plus de 300 personnes, s’est tenue cinq jours avant la Journée nationale d’hommage aux harkis qui se tient depuis 2003 tous les 25 septembre.

Les harkis sont des anciens combattants recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant la Guerre d’Algérie de 1954 à 1962. Plus de 42 000 harkis accompagnés de leurs femmes et enfants ont été évacués en France par l’armée transitant par des camps aux conditions de vie souvent abominables. 40 000 autres rejoignent l’Hexagone par l’intermédiaire de filières clandestines ou semi-clandestines. Selon les estimations, entre 80 000 et 90 000 personnes arrivent en France entre 1962 et 1965. Ceux restés en Algérie étaient considérés comme des traîtres par le nouveau régime et ont été victimes de représailles. 

Les gouvernements précédents avaient déjà tenté de reconnaître la responsabilité de la France dans ce massacre. En 2001, Jacques Chirac avait déclaré que “les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l’empreinte de la barbarie. Ils doivent être reconnus”. En 2005, une loi a été adoptée prévoyant une allocution de reconnaissance pour les harkis. En 2016, le président François Hollande avait solennellement reconnu les “responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France”.

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.