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Le fossé des inégalités salariales se creuse

Cette année encore, les femmes commencent à travailler gratuitement dès le mois de novembre. Depuis 2015, le collectif Les Glorieuses calcule chaque année cette fameuse date, véritable métaphore pour dénoncer des inégalités salariales infondées. Malgré une prise de conscience générale sur le problème, les chiffres ne cessent de s’aggraver. La date tombe tous les ans un jour plus tôt, et la différence des salaires femmes-hommes en France s’élève à 16,5% cette année.

« On voit que ce chiffre gonfle par rapport au premier rapport que l’on avait rendu en 2016, date à laquelle l’écart était d’environ 15 % »

Rebecca Amsellem, docteure en économie et fondatrice des Glorieuses

Des mesures politiques trop timides

Pour tenter de résoudre le problème, plusieurs lois ont été récemment mises en place. En mai 2021, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi LREM promettant des quotas pour imposer davantage de femmes aux postes de direction des grandes entreprises. D’ici 2030, les entreprises de plus de 1000 salariés devront parvenir à une proportion d’au moins 40 % de femmes cadres dirigeants.

Le ministère de l’Économie et des Finances avait déjà présenté depuis mars 2020 son troisième plan ministériel Égalité professionnelle Femmes-Hommes 2020-2022. Un programme  pour le moins flou, destiné de façon très large à « lutter contre les stéréotypes pour favoriser la mixité des métiers » et à « déployer efficacement la politique d’égalité ».

L’index de l’égalité femmes-hommes dans les entreprises, crée en 2018 par l’ancienne ministre du Travail Muriel Pénicaud, n’a visiblement pas suffit à réguler cet écart puisqu’il a même augmenté ces dernières années. L’indice contraint pourtant les entreprises de plus de 50 salariés à publier un score sur 100 calculé à partir des rémunérations, promotions, congés maternité et parité du top management. Ces mesures peuvent être considérées comme « un bon début » mais paraissent largement insuffisantes pour Les Glorieuses. D’autant plus qu’il faudra attendre quelques années pour espérer en apprécier les réelles répercussions.

Les propositions du collectif féministe

Dans leur rapport, Les Glorieuses ont souhaité apporter des solutions pour inverser la tendance. Le collectif défend trois mesures phare visant à contraindre les entreprises au respect de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

« On a regardé les politiques publiques des pays où les inégalités salariales étaient les plus faibles et on a choisi celles qui étaient les plus simples à transposer chez nous » 

Rebecca Amsellem, docteure en économie et fondatrice des Glorieuses

Le principe d’éga-conditionnalité serait d’empêcher l’accès aux marchés publics, à l’obtention des subventions publiques et celui des prêts garantis par l’Etat aux entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale. Une façon très efficace de s’assurer que le budget alloué par les fonds publics ne participe pas au financement des inégalités. La seconde mesure tend vers la revalorisation des emplois où les femmes sont plus nombreuses. En France, les femmes sont majoritaires dans plusieurs professions essentielles (enseignantes, infirmières, sages-femmes). La dernière solution évoque l’idée de mettre en place un congé maternité ou paternité équivalent à la naissance d’un enfant. Cette mesure permettrait aux parents de départager comme ils le souhaitent et de façon équitable le temps passé au travail et celui passé avec l’enfant. Après avoir publié ce rapport et envisagé des solutions concrètes, il ne reste plus qu’à espérer que Les Glorieuses arriveront à faire bouger les lignes.

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