Rubrique
Actualités

#MolinaDay : le journaliste sportif Romain Molina dévoile des révélations macabres sur la FFF

Après So Foot, Romain Molina. Si le premier évoquait le comportement du président de la Fédération Française de Football Noël Le Graët envers les femmes, Romain Molina accuse la fédération entière d’avoir couvert pendant 40 ans des affaires d’abus sexuels au sein de sa structure.

Des abus depuis des années non sanctionnés

“Plusieurs cas d'abus sexuels, de chantage et de harcèlement, également à l'égard de joueurs mineurs (garçons et filles) ont été recensés, impliquant des entraîneurs, des recruteurs, des agents et des hauts responsables travaillant dans l'élite française. Le PSG, Lyon et Troyes sont parmi les nombreuses équipes de Ligue 1 qui ont étouffé ces affaires sans prendre de mesures appropriées”, accuse le journaliste sur le média Josimar Football. "La Fédération ne m'en a jamais parlé, ne nous en a jamais parlé”, affirme Thierry Rey, conseiller sportif du président de l'époque, François Hollande. "Ils n'ont pas non plus parlé au ministre des Sports. La gravité des faits aurait dû être prise très au sérieux." Un rapport interne énumérant des cas d’abus sexuels de joueurs mineurs au centre d’entraînement de Clairefontaine aurait été consulté par le président de la FFF Le Graët sans qu’aucune mesure ne soit prise. 

Angélique Roujas, ancienne joueuse internationale française et entraîneur responsable de la section féminine du centre national d'entraînement de Clairefontaine, avait été licenciée en 2013 par la FFF. Elle aurait eu des relations sexuelles avec des joueuses mineures à partir de 2004, notamment à Clairefontaine. Mais de 2014 à 2016, Angélique Roujas sera manager général de l'équipe féminine du FC Metz, avec des joueuses entre 6 et 13 ans. Aujourd’hui, elle est chargée de l'équipe féminine U19 du club de Ligue 2 ESOF La Roche. Noël Le Graët écrira lui-même dans une lettre interne du 30 octobre 2013 : “Un pensionnaire a évoqué le fait que Madame Angélique Roujas a profité de son état de faiblesse et de son lien hiérarchique pour obtenir de telles relations (intimes). Les faits remontent à 2004 et 2005, période durant laquelle les pensionnaires concernés étaient à Clairefontaine. Nous avons commencé une enquête interne avec plusieurs interlocuteurs et nous avons découvert qu'un ancien employé de l'INF (Clairefontaine) nous a dit qu'il avait déjà des soupçons sur la nature des relations entretenues par certains pensionnaires et Madame Angélique Roujas. Il a certifié que des jeunes filles passaient leurs week-ends au domicile de Madame Angélique Roujas.” Malgré cela, “aucune qualification pénale ne sera retenue dans sa lettre de licenciement” alors qu’elle avait été surprise en pleine relation sexuelle à Clairefontaine. Selon Le Graët, l’anonymat des joueuses empêchait toute poursuite.

La FFF, protectrice des accusés

David José est également dans le viseur de Romain Molina. L’entraîneur insistait pour que la pesée des garçons se fasse “sans sous-vêtements” et avait été limogé en 2020 pour “comportement inapproprié avec un joueur de 13 ans” à Clairefontaine, après lui avoir envoyé une dizaine de messages lui disant qu’il l’aimait. Cinq ans plus tard David José recevait sa licence UEFA, signée de la main de Le Graët. Une “douzaine de joueurs” aurait certifié au média qu’aucune enquête interne n’avait été faite concernant les entraîneurs. Marc Varin, Elisabeth Loisel, Gaëlle Dumas et de nombreux autres entraîneurs sont également accusés d’avoir abusé de mineurs dans les centres d’entraînement et ont fait l’objet de poursuites.

Brigitte Henriques, aujourd’hui présidente du Comité olympique français mais auparavant haute responsable de la FFF, aurait intimé aux joueurs et personnels de se taire pendant des années. Selon l’ancienne joueuse Melissa Plaza, “c'est un problème généralisé parce que cela se passe aussi au niveau des clubs. Mais personne ne parle librement. Si vous le faites, vous pouvez dire adieu à votre carrière et à tous les sacrifices que vous avez faits pendant toutes ces années.” L’unique fois où la Fédération Française de Football a saisi les autorités judiciaires a été possible grâce à la menace des joueurs de faire grève. 

Maud Baheng Daizey

Application Mobile

Téléchargez Encrage Media sur votre mobile pour ne pas manquer nos dernières publications !

Commentaires

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.